2Vous avez peut-être déjà obtenu une réponse juridique via ChatGPT ou un autre outil d’intelligence artificielle, assortie de la mention selon laquelle « cette réponse est fournie à titre informatif et ne se substitue pas à l’avis d’un avocat ». Cette précision n’est pas purement formelle.
Une réponse générée par une IA peut constituer un premier éclairage utile, mais elle repose uniquement sur les éléments que vous lui communiquez et ne mesure ni les risques juridiques réels ni les conséquences d’une prise de position écrite.
Nous présentons ci-après cinq points d’attention essentiels à avoir lorsque vous utilisez une IA pour traiter une question juridique, et les raisons pour lesquelles l’intervention d’un avocat reste déterminante.
1. L’avocat identifie les bonnes questions… pas seulement les bonnes réponses
Lorsqu’un client interroge une IA, il lui fournit son propre récit, souvent accompagné de documents qu’il estime pertinents. Or, ces éléments ne sont pas toujours ceux qui sont juridiquement déterminants.
L’avocat, à la différence de l’IA :
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va poser des questions complémentaires ciblées ;
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identifier les éléments manquants ou sous-estimés ;
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repérer les faits ou pièces susceptibles de modifier totalement l’analyse juridique.
Cette phase de qualification est essentielle : une réponse peut être juridiquement cohérente tout en étant fondée sur une base factuelle incomplète ou biaisée.
2. Éviter les erreurs liées aux biais et aux limites de l’IA
Les outils d’IA peuvent présenter plusieurs limites en matière juridique, notamment :
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des biais de confirmation, conduisant à conforter l’utilisateur dans son raisonnement initial ;
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des hallucinations juridiques, telles que l’invention d’articles de loi, de jurisprudences ou de concepts inexistants ;
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des raisonnements juridiquement plausibles mais non applicables au droit français.
Ces erreurs peuvent fragiliser, voire décrédibiliser totalement, une position juridique si elles sont reprises dans un courrier, une mise en demeure ou une réponse officielle.
L’intervention de l’avocat permet de sécuriser les fondements juridiques et d’écarter tout raisonnement erroné ou inopérant.
3. Une appréciation réaliste et fine des risques juridiques
Une IA peut évoquer des risques « théoriques » (action judiciaire possible, montant estimé, sanctions encourues), mais elle ne dispose pas :
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de la connaissance des pratiques contentieuses réelles ;
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de l’expérience des usages des juridictions ;
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ni de la capacité à apprécier finement la probabilité concrète d’un risque dans un contexte donné.
L’avocat apporte une analyse de risque objective, réaliste et contextualisée, intégrant notamment :
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les délais habituels de traitement ;
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les pratiques locales ou sectorielles ;
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les stratégies effectivement mises en œuvre par les parties adverses.
4. La rédaction de réponses juridiquement maîtrisées
La rédaction d’une réponse juridique est souvent une étape déterminante. Une formulation maladroite peut :
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révéler des éléments inutiles ou préjudiciables ;
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être exploitée ultérieurement par la partie adverse ;
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enfermer son auteur dans une position juridique défavorable.
L’avocat veille à :
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adopter la forme juridique appropriée (ton, structure, vocabulaire) ;
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éviter toute reconnaissance implicite ou maladroite ;
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préserver les intérêts du client à court et long terme.
5. Le poids et la crédibilité d’une réponse émanant d’un avocat
Une réponse rédigée par un avocat n’a pas la même portée qu’un courrier adressé directement par un particulier, en particulier lorsqu’elle est destinée :
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à un avocat adverse ;
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à une entreprise ;
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ou dans un contexte précontentieux.
L’intervention d’un avocat permet également :
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d’ouvrir, le cas échéant, une négociation confidentielle entre avocats ;
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de préserver la stratégie globale du dossier ;
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d’éviter des échanges directs susceptibles d’aggraver un litige.
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